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Aides & réglementation· Solaire

Aides au solaire en 2026 : ce qui change depuis septembre pour le photovoltaïque, le thermique et l'hybride

25 septembre 2026 · Équipe IDEE

Les aides au solaire ont évolué à l'automne 2026, mais pas de la même façon selon la technologie concernée. Le changement le plus important ne porte pas sur le panneau photovoltaïque classique, qui produit de l'électricité : il concerne surtout le solaire thermique et les systèmes hybrides photovoltaïque + thermique.

Depuis le 1er septembre 2026, MaPrimeRénov' « par geste » ne finance plus, en métropole, plusieurs équipements solaires thermiques et hybrides. En parallèle, les certificats d'économies d'énergie (CEE) ont été fortement bonifiés pour certaines opérations — mais seulement jusqu'à la fin de l'année. Pour le photovoltaïque électrique, la réforme majeure demeure celle de l'arrêté tarifaire S21 du 1er juin 2026 : le modèle économique repose désormais beaucoup plus sur l'autoconsommation que sur la vente du surplus.

En bref : le photovoltaïque classique reste principalement financé par l'autoconsommation, la TVA réduite sous conditions et les mécanismes de vente applicables. Le solaire thermique et hybride perd le forfait MaPrimeRénov' « par geste » en métropole (l'Outre-mer n'est pas concerné), mais peut accéder à des CEE renforcés jusqu'au 31 décembre 2026.

Les changements en un tableau

Technologie ou dispositifCe qui changeDate d'effetCe que cela implique
Photovoltaïque classiquePas de nouvelle aide nationale annoncée en août ou septembreAutomne 2026La réforme S21 de juin demeure la référence pour les nouvelles installations concernées
Photovoltaïque inférieur à 9 kWc dans le nouveau régime S21Fin de la vente totale et suppression de la prime à l'investissement dans le régime réformé ; tarif de surplus à 11 €/MWhDemandes de raccordement déposées depuis le 4 juin 2026Dimensionner pour autoconsommer plutôt que produire un surplus important
Chauffe-eau solaire individuelSortie du parcours MaPrimeRénov' « par geste » en métropole ; CEE bonifiés jusqu'au 31/12/20261er septembre 2026Vérifier le montant CEE avant de signer le devis
Système solaire combinéSortie du parcours MaPrimeRénov' « par geste » en métropole ; bonification CEE modifiée1er septembre 2026Le financement doit être recalculé avec le parcours CEE et, le cas échéant, une rénovation d'ampleur
Système hybride photovoltaïque + thermique à eauSortie de MaPrimeRénov' « par geste » ; CEE fortement bonifiés jusqu'au 31/12/20261er septembre 2026Bien distinguer le panneau hybride à eau d'un simple panneau photovoltaïque
Solaire thermique collectif ou tertiaireLes dispositifs dépendent du projet et peuvent relever notamment de mécanismes dédiés à la chaleur renouvelableCas par casÉtude technico-économique et accompagnement spécialisé indispensables

Photovoltaïque : pas de nouvelle aide majeure en août–septembre

Le photovoltaïque classique produit de l'électricité grâce à des modules solaires. Il ne faut pas le confondre avec le solaire thermique, qui produit de la chaleur, ni avec le panneau hybride, qui combine une production d'électricité et une récupération de chaleur.

Pour les nouveaux projets photovoltaïques, aucune nouvelle subvention nationale générale n'a été créée pendant août et septembre 2026. La réforme qui structure le marché est celle de l'arrêté tarifaire S21 du 1er juin 2026, applicable aux installations photovoltaïques sur bâtiment, hangar ou ombrière relevant de son champ.1

Ce qui a changé avec la réforme S21

Pour les installations de moins de 9 kWc entrant dans le nouveau régime, pour toute demande de raccordement déposée à compter du 4 juin 2026 :

  • La vente totale de l'électricité n'est plus proposée dans le cadre concerné.
  • La prime à l'investissement pour l'autoconsommation a été supprimée dans ce nouveau régime.
  • Le surplus injecté bénéficie d'un tarif unique fixé à 11 €/MWh (1,1 centime par kWh), avec une indexation annuelle de 2 %.

Cette rémunération est faible par rapport au prix de l'électricité achetée sur le réseau. Le raisonnement économique change donc : l'objectif n'est plus de remplir toute une toiture pour injecter beaucoup de surplus, mais de produire au plus près des consommations réalisées pendant les heures d'ensoleillement.

Attention : les règles applicables dépendent de la date de demande complète de raccordement, de la puissance, de l'implantation et du régime de soutien concerné. Ne transposez pas automatiquement les conditions d'un ancien devis ou d'une installation déjà raccordée à un nouveau projet.

L'autoconsommation devient le point central

L'autoconsommation consiste à utiliser directement l'électricité produite par les panneaux. Un foyer qui déclenche le chauffe-eau, la pompe à chaleur, le lave-linge, le lave-vaisselle ou la recharge d'un véhicule électrique pendant les périodes de production solaire augmente la valeur de son installation.

Lorsque le surplus est rémunéré à 1,1 centime par kWh, un kilowattheure autoconsommé a généralement beaucoup plus de valeur qu'un kilowattheure injecté. Le dimensionnement doit donc tenir compte de la consommation réelle, idéalement avec des données horaires sur une année complète.

Quelles aides restent pertinentes pour le photovoltaïque ?

Même sans nouvelle prime nationale générale à l'automne 2026, plusieurs leviers peuvent rester utiles :

  • La TVA à 5,5 %, sous conditions strictes, pour certaines installations photovoltaïques résidentielles de puissance inférieure ou égale à 9 kWc. Les conditions portent notamment sur le logement, la performance environnementale des modules et la présence d'un système de gestion ou de pilotage de l'énergie.
  • La vente du surplus, selon le régime applicable au projet, mais elle ne doit plus constituer l'argument économique principal pour les installations concernées par la réforme S21.
  • Les aides locales, qui peuvent être proposées par certaines communes, intercommunalités, départements ou régions. Elles sont très variables et parfois non cumulables avec d'autres aides.
  • L'autoconsommation collective, qui peut être pertinente dans un immeuble, un lotissement, une copropriété, une zone d'activité ou un quartier lorsque les consommateurs et producteurs sont éligibles au montage local.
  • Les aides aux entreprises et collectivités, qui relèvent davantage d'appels à projets, de dispositifs territoriaux, de mécanismes de financement ou de programmes spécifiques que d'une aide résidentielle standard.

Solaire thermique et hybride : le changement majeur du 1er septembre 2026

Le solaire thermique utilise des capteurs pour chauffer de l'eau ou contribuer au chauffage. Il peut alimenter un chauffe-eau solaire individuel, un système solaire combiné ou certains besoins collectifs. Les panneaux hybrides à circulation d'eau combinent production électrique photovoltaïque et récupération de chaleur.

Le décret n° 2026-822 du 25 août 2026 fait évoluer MaPrimeRénov' « par geste ». Ses dispositions sont entrées en vigueur le 1er septembre 2026.2

En métropole, plusieurs forfaits associés au solaire thermique et hybride ont été supprimés du parcours MaPrimeRénov' « par geste ». Cela concerne notamment les équipements suivants :

  • Le chauffe-eau solaire individuel.
  • Le système solaire combiné.
  • Le système énergétique comportant des capteurs solaires photovoltaïques et thermiques à circulation d'eau.

Ces équipements restent en revanche éligibles au monogeste en Outre-mer, qui n'est pas concerné par cette suppression.

Cette évolution ne signifie pas que ces équipements n'ont plus droit à aucun soutien. Elle signifie que la présentation commerciale doit changer : il ne faut plus annoncer MaPrimeRénov' « par geste » comme l'aide de référence pour un nouveau projet solaire thermique ou hybride en métropole.

Les CEE prennent le relais, mais pour une durée limitée

Le même mouvement réglementaire s'accompagne d'un arrêté du 17 août 2026, publié au Journal officiel du 23 août.3 Il crée de nouvelles bonifications CEE ou modifie des bonifications existantes pour plusieurs fiches d'opérations standardisées, à la condition que l'opération ne conduise pas à installer ou conserver un système de chauffage ou d'eau chaude sanitaire pouvant utiliser des combustibles fossiles.

Les principales fiches concernées sont :

Fiche CEEÉquipement concernéCoefficient ménages modestesCoefficient autres ménages
BAR-TH-101Chauffe-eau solaire individuel à circulation forcéex5x4
BAR-TH-143Système solaire combinéBonification modifiéeBonification modifiée
BAR-TH-148Chauffe-eau thermodynamique à accumulation (pas un équipement solaire thermique au sens strict)x7x4
BAR-TH-162Système énergétique avec capteurs photovoltaïques et thermiques à circulation d'eaux5x4
BAR-TH-168Dispositif solaire thermiquex5x4

Point de vigilance essentiel : ces bonifications ne sont pas permanentes. Elles s'appliquent uniquement aux opérations engagées entre le 1er septembre 2026 et le 31 décembre 2026. Passé cette date, le niveau de bonification est susceptible de changer ou de disparaître, sauf nouveau texte. Ne présentez jamais cette bonification comme acquise pour un projet qui ne sera engagé qu'en 2027.

Le montant effectivement proposé au particulier n'est toutefois pas automatiquement égal à un montant national fixe. Les CEE sont valorisés par les obligés — fournisseurs d'énergie ou leurs délégataires — et peuvent varier selon l'équipement précis installé, la fiche applicable, la localisation du logement, la surface et la productivité de l'installation, le niveau de revenus du ménage, le système de chauffage et d'eau chaude sanitaire présent après travaux, l'offre commerciale de l'obligé CEE, et la date à laquelle l'opération est considérée comme engagée.

À noter également : 20 % des chantiers concernés par ces bonifications feront l'objet d'un contrôle sur place à compter du 1er septembre 2026.

Règle impérative : ne signez pas le devis et ne versez pas d'acompte avant d'avoir obtenu une offre CEE écrite et vérifié les conditions du dispositif. Dans beaucoup de parcours, l'engagement du client avant l'acceptation de la prime peut rendre le dossier inéligible.

MaPrimeRénov' : ce qui reste possible

La suppression des forfaits « par geste » ne doit pas être confondue avec une suppression absolue de tout financement du solaire dans les parcours de rénovation globale.

MaPrimeRénov' continue d'exister avec des règles différenciées selon les parcours, les ressources du ménage, le type de logement et l'ampleur des travaux. À compter de septembre 2026, la rénovation d'ampleur est davantage ciblée vers les logements les plus énergivores et les projets de décarbonation du chauffage et de l'eau chaude sanitaire.

Dans certains projets globaux, le solaire thermique peut conserver un intérêt technique comme composante d'un système cohérent de production d'eau chaude ou de chauffage renouvelable. Mais l'éligibilité ne doit jamais être présumée : elle doit être validée dans le parcours applicable, avant signature, avec France Rénov', l'Anah, un accompagnateur compétent ou l'opérateur qui instruit le dossier.

Photovoltaïque, thermique ou hybride : quelle technologie choisir ?

Votre besoin prioritaireSolution à étudier en premierPoint de vigilance
Réduire la facture d'électricitéPhotovoltaïque en autoconsommationAdapter la puissance aux consommations diurnes
Produire l'eau chaude sanitaireChauffe-eau solaire individuelVérifier le montant CEE, les conditions techniques et l'appoint
Couvrir une part des besoins d'eau chaude et de chauffageSystème solaire combinéProjet plus complexe : besoins, hydraulique, appoint, dimensionnement et aides
Produire électricité et chaleur sur une même surfacePanneau hybride à circulation d'eauNe pas confondre avec un simple module PV ; vérifier l'éligibilité réelle aux CEE
Rénover globalement un logement énergivoreParcours de rénovation d'ampleurÉtudier le bouquet global, les règles de décarbonation et les plafonds de dépenses

Il n'existe pas une technologie universellement meilleure. Le photovoltaïque est souvent pertinent lorsque les besoins électriques existent en journée. Le solaire thermique répond à un besoin d'eau chaude ou de chaleur qui doit être suffisamment régulier. Le système hybride peut être pertinent dans certains cas, mais il demande une conception plus rigoureuse et un installateur réellement compétent sur les volets électrique et hydraulique.

Les erreurs à éviter dans un devis ou une publicité

1. Confondre panneau photovoltaïque et panneau solaire thermique

Un panneau photovoltaïque classique produit de l'électricité et ne bénéficie pas automatiquement des aides liées au solaire thermique. Un chauffe-eau solaire produit de la chaleur et suit un autre parcours. Un panneau hybride peut relever d'exigences propres selon sa technologie exacte.

2. Afficher une prime sans préciser le dispositif ni sa date de fin

Une phrase comme « jusqu'à 10 000 € d'aides solaires » est insuffisante si elle ne précise pas la technologie, le type de logement, les conditions de ressources, le dispositif, la date, l'obligé CEE et les obligations techniques — et, pour les bonifications CEE actuelles, leur échéance du 31 décembre 2026.

3. Dimensionner une installation PV uniquement selon la surface de toiture

La surface disponible est une contrainte physique, pas un indicateur de rentabilité. Une étude doit comparer production solaire, consommation horaire, coût de l'électricité, coût du raccordement, valeur du surplus, maintenance et financement.

4. Signer avant de sécuriser les CEE

La chronologie est essentielle. La plupart des parcours d'aide exigent que la demande soit réalisée avant l'engagement contractuel des travaux. Demandez une confirmation écrite de l'installateur ou de l'obligé sur la date d'engagement et les pièces nécessaires.

5. Oublier l'installateur qualifié

Les aides et les dispositifs de qualité peuvent imposer le recours à un professionnel disposant de la qualification RGE appropriée. Vérifiez que l'entreprise, sa qualification, l'équipement et le devis correspondent bien à la technologie financée.

Checklist avant de lancer un projet solaire

  • Identifier clairement la technologie : photovoltaïque, thermique ou hybride.
  • Relever les consommations d'électricité et/ou les besoins d'eau chaude sur douze mois.
  • Vérifier la faisabilité technique : toiture, orientation, ombrages, structure, hydraulique, local technique et appoint.
  • Vérifier les règles d'urbanisme applicables dans la commune.
  • Comparer au moins deux ou trois scénarios de puissance et de production.
  • Distinguer l'économie d'électricité autoconsommée du revenu lié au surplus.
  • Demander une estimation écrite des aides, avec le nom du dispositif, les conditions d'éligibilité et leur date de fin.
  • Vérifier la date d'engagement des travaux exigée par le dispositif CEE ou MaPrimeRénov'.
  • Ne pas signer ni verser d'acompte avant la validation écrite de l'aide.
  • Vérifier les qualifications RGE pertinentes de l'installateur.
  • Prévoir la maintenance, l'assurance et, pour le photovoltaïque, le remplacement futur de l'onduleur.
  • Conserver les devis, factures, attestations, certificats de qualification et preuves de performance.

Conclusion

À l'automne 2026, le paysage des aides solaires devient plus technique mais aussi plus lisible si l'on distingue correctement les technologies.

Pour le photovoltaïque, le contexte est désormais celui d'une autoconsommation optimisée : la valeur économique vient d'abord de l'électricité non achetée au réseau, et non de la vente d'un surplus important. Pour le solaire thermique et hybride, le retrait de plusieurs forfaits MaPrimeRénov' « par geste » depuis le 1er septembre est compensé, dans certains cas, par des CEE fortement bonifiés — mais seulement jusqu'au 31 décembre 2026.

La règle la plus importante reste la même : avant de signer un devis, faites vérifier la technologie, le régime d'aide, le montant réellement mobilisable, la date d'engagement, la qualification de l'entreprise et les conditions de cumul. Une aide annoncée sans fiche, sans date et sans conditions écrites ne doit jamais être intégrée comme un acquis dans le financement d'un projet.

→ Simuler mon projet solaire ou poser une question à l'assistant solaire IDEE.

Footnotes

  1. Arrêté S21 : détail des modifications et nouveau tarif unique - Photovoltaique.info ↩

  2. MaPrimeRénov' : le solaire thermique et hybride exclu du « par geste » dans l'Hexagone - pv magazine France ↩

  3. Arrêté du 17 août 2026 créant de nouvelles bonifications CEE - Légifrance ↩

Questions fréquentes

Les réponses rapides aux questions les plus posées sur ce sujet.

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